Vous pensez bien nourrir votre chat ? ces 3 habitudes au moment du repas expliquent pourquoi un sur deux finit en surpoids
En quelques mois, votre chasseur fuselé s’est mué en chat en surpoids qui peine à sauter sur le canapé. Derrière cette métamorphose, trois erreurs de repas pleines de bonne volonté sabotent sa ligne bien plus que vous ne l’imaginez.
Vous pensiez lui faire du bien en laissant sa gamelle toujours pleine, en rajoutant « juste une petite poignée » de croquettes ou en cédant à chaque miaulement attendrissant. Et puis, un jour, ce chasseur athlétique est devenu un petit coussin sur pattes.
En France, la part de chats en surcharge pondérale est passée de 19 % en 2006 à 47,5 % en 2024, et plus d’un chat sur trois serait concerné, comme environ un chien sur trois. Pourtant, 80 % des propriétaires ne voient pas le problème. C’est là que ces trois erreurs de repas prennent tout leur poids.
Pourquoi un chat en surpoids est devenu si courant
Devant le paquet de croquettes, beaucoup improvisent. « Il n’existe pas un poids type pour les animaux, il est donc difficile d’estimer les rations ou de savoir si on surdose », explique Sara Hoummady, docteure vétérinaire, citée par 20 Minutes. Et le déni complique tout : « La première mission en tant que vétérinaire, c’est de leur faire comprendre que leur animal est en surpoids. Beaucoup refusent de le voir », constate Thomas Dzen, docteur vétérinaire.
Ce surplus devient pourtant une vraie maladie : première cause de mortalité, il réduit l’espérance de vie de 20 à 30 %, soit environ deux ans. Le regard, lui, reste biaisé : « Quand on montre des photos de chat normal, les propriétaires sont souvent choqués et le trouve trop maigre ». « En réalité, beaucoup de propriétaires aiment avoir un animal gros et gras » et « Il y a un peu la tendance de l’animal peluche, avec des formes et grassouillet », note Sara Hoummady.
Trois erreurs de repas qui font grossir un chat en surpoids
Première erreur : la gamelle en libre-service, remplie « au cas où ». Or « Le chat est un grignoteur, et a besoin de manger régulièrement », rappelle Thomas Dzen, mais pas à volonté. Avec le bol qu’on complète dès qu’il semble baisser, « Même en ayant un bec doseur, les observations montrent qu’on le remplit toujours un peu plus que la normal. Et un peu de trop plus un peu de trop plus un peu de trop, ça peut faire beaucoup à la fin de la journée ». En télétravail, l’effet se renforce : « Sinon, c’est comme nous pendant le confinement : on s’ennuie enfermé, et quand on s’ennuie, on grignote pour passer le temps ».
Deuxième piège : prendre chaque miaulement pour une vraie faim. « Quand l’animal s’ennuie, il grignote ». Et très vite, « Quand l’animal s’ennuie, il grignote pour passer le temps ». Le chat d’appartement réclame, on ressert un peu de croquettes, on ajoute parfois du fromage ou des restes de table. Pour un petit chien, quelques dés de fromage équivaudraient à un demi camembert quotidien pour un humain ; à l’échelle d’un chat, l’impact calorique est tout aussi massif.
Remettre un chat en surpoids sur de bons rails sans le frustrer
Troisième erreur : les friandises à la chaîne. Elles « ne doivent représenter que 10 % des apports caloriques au maximum », rappelle Thomas Dzen. Pourtant, « Les propriétaires en abusent pour faire plaisir à l’animal… Pour certains, c’est le moyen numéro 1 pour renforcer le lien, alors qu’il existe bien d’autres alternatives plus saines. » Les maîtres qui jouent beaucoup avec leur chat, eux, « ont généralement des animaux minces », observe-t-il.
Reste à corriger le tir en douceur. Éviter les repas uniques massifs – « certains proprios les nourrissent une seule fois par jour, en pensant que c’est mieux. L’animal aura alors en tendance à surcompenser, ou à mal stocker les apports nutritionnels » – et passer à 2 à 4 repas fixes, avec la ration quotidienne pesée au gramme près sur une balance de cuisine. Attention aussi aux régimes express : « En faisant perdre trop de poids rapidement à l’animal on lui fait perdre aussi de la masse musculaire, qui est très dure à reprendre. L’animal bouge donc moins, dépense moins de calories, et grossit encore plus », prévient Sara Hoummady. Surtout que la stérilisation baisse les besoins d’environ 20 %. Pour elle, un cadre alimentaire mesuré et l’activité sont un vrai geste d’amour : « Aujourd’hui l’animal a pris une telle place dans la vie des gens qu’ils sont très attentionnés sur son bien-être. Il suffit de leur faire comprendre que leur chat sera plus heureux s’il peut à nouveau sauter sur le canapé »comme avant » ».
Foire aux questions sur le chat en surpoids
Comment savoir si mon chat est en surpoids ?
Un chat en surpoids a une silhouette ronde et des côtes difficiles à palper sous les doigts. S’il saute moins, se toilette mal ou s’essouffle vite, un bilan chez le vétérinaire s’impose.
Combien de repas par jour pour éviter le surpoids ?
Pour un chat d’intérieur, deux à quatre petits repas fixes limitent la prise de poids. La portion totale doit être pesée au gramme près, en tenant compte de la stérilisation et des indications du paquet.
Comment gérer les friandises sans faire grossir mon chat ?
Les friandises doivent rester occasionnelles et intégrées dans la ration quotidienne de croquettes. Pour limiter les dégâts, privilégiez :
- des friandises adaptées et légères
- l’absence de restes de table
- le jeu ou les câlins comme récompense principale
Faut-il mettre mon chat au régime seul à la maison ?
Un régime pour chat doit toujours être encadré par un vétérinaire. Une perte de poids trop rapide fait fondre la masse musculaire et peut aggraver le problème sur le long terme.
En bref
- En France, près d’un chat sur deux est en surpoids, une situation aggravée par la vie en appartement, le télétravail et le déni des propriétaires.
- Gamelle toujours pleine, rations approximatives et friandises à la demande transforment peu à peu ces bonnes intentions en kilos en trop et en maladies.
- En ajustant quantité, fréquence et extras, ce guide explique comment alléger la gamelle de votre chat sans briser votre rituel d’affection.