Lisseurs : L'erreur de température que 9 femmes sur 10 font et qui "cuit" leurs cheveux
Vous lissez vos cheveux à 230°C en pensant gagner du temps, mais cette température lisseur pourrait littéralement cuire votre kératine. Voici comment savoir si vos longueurs sont déjà en danger sans même que vous ne vous en rendiez compte.
Vous avez l’impression que votre lisseur est votre meilleur allié pour afficher des longueurs ultra lisses et brillantes en quelques minutes. Pourtant, un simple détail de réglage suffit à transformer ce geste beauté en machine à casse, surtout si vos cheveux sont déjà sensibilisés par les colorations ou les mèches. Et ce détail, la plupart des utilisatrices ne le regardent même pas.
D’après les experts capillaires, près de 90 % des femmes, soit neuf sur dix, utilisent une température lisseur bien plus élevée que nécessaire, souvent combinée à plusieurs passages successifs sur la même mèche. Un cocktail qui, au niveau microscopique, ne se contente pas de dessécher le cheveu : il le « cuit ».
Ce que la température du lisseur fait vraiment à la kératine
La fibre capillaire est composée à environ 95 % de kératine. Cette protéine, organisée en spirale, doit sa solidité à des liaisons internes, dont les fameux ponts disulfures, qui maintiennent la forme et la résistance du cheveu. Selon des études publiées dans le Journal of Cosmetic Science, à partir de 185°C, ces ponts commencent à se rompre de manière définitive : la kératine se dénature, perd son élasticité et la fibre devient cassante.
Le point de fusion de l’alpha-kératine se situe autour de 233°C. Autrement dit, régler son fer à lisser à 230°C, c’est frôler la température à laquelle la structure interne du cheveu peut littéralement fondre. Des chercheurs ont aussi montré que le pH naturel de la tige capillaire est d’environ 3,67, quand le cuir chevelu se situe autour de 5,5 ; des produits trop alcalins ouvrent la cuticule, augmentent la porosité et rendent la fibre encore plus vulnérable à cette chaleur extrême.
Pourquoi régler son lisseur à 230°C « cuit » les cheveux
La plupart des appareils montent jusqu’à 220–230°C, une plage pensée pour un lissage très rapide, pas pour la santé de la fibre. L’erreur que commettent 90 % des utilisatrices est de laisser ce réglage maximal par défaut, puis de multiplier les allers-retours sur la même mèche pour obtenir un résultat parfaitement raide.
Ce protocole « haute température + passages multiples » est le pire scénario possible. Un seul passage à 230°C suffit déjà à fragiliser une cuticule parfois préalablement soulevée par des soins au pH supérieur à 5,5. Repasser 3 ou 4 fois ne « fixe » pas mieux le lissage : on accumule simplement des dégâts irréversibles sur une fibre déjà déstructurée, avec à la clé cheveux ternes, rigides, qui cassent au brossage.
Température idéale du lisseur : le bon réglage pour chaque cheveu
Pour lisser sans massacrer la fibre, la clé est de rester en dessous du seuil où la kératine commence à se dégrader, tout en adaptant la chaleur à l’épaisseur et à l’état du cheveu. Les coiffeurs-créateurs recommandent de bannir le réflexe « max » et de se caler sur ces plages de sécurité :
- Cheveux fins, décolorés ou abîmés : ne jamais dépasser 150°C.
- Cheveux normaux à souples : entre 150°C et 180°C.
- Cheveux épais, frisés ou crépus : 180°C à 200°C maximum.
L’idéal consiste à commencer au bas de la plage adaptée à votre type de cheveu, travailler sur des mèches fines et réaliser un seul passage lent et continu. Si ce passage ne suffit pas, on augmente par paliers de 10°C, sans jamais dépasser les limites indiquées. Un détail historique rappelle à quel point la maîtrise de la chaleur a toujours été critique : l’un des premiers outils de lissage, breveté en 1909 par Isaac K. Shero, utilisait deux fers plats chauffés séparément, avec un risque de brûlures au troisième degré tellement élevé que son usage est resté confidentiel.
À partir de quelle température le lisseur abîme-t-il la kératine ?
Les études citées indiquent qu’à partir de 185°C, les ponts disulfures de la kératine commencent à se rompre de façon irréversible, avec une dégradation croissante à mesure que la température augmente.
Pourquoi 230°C est-il particulièrement risqué pour les cheveux ?
À 230°C, on se rapproche du point de fusion de l’alpha-kératine, situé autour de 233°C : la structure interne peut se déformer définitivement, surtout en cas de passages répétés.
Comment limiter les dégâts si j’ai lissé trop chaud ?
Il faut abaisser la température, réduire le nombre de passages, privilégier des soins qui referment la cuticule et éviter les produits au pH trop alcalin qui rendent la fibre plus fragile face à la chaleur.
En bref
- Des études et experts capillaires montrent que la majorité des utilisatrices règlent leur lisseur beaucoup trop chaud, autour de 220–230°C, sans adapter la température à leur type de cheveux.
- Au-delà de 185°C, la kératine et ses ponts disulfures commencent à se dégrader de façon irréversible, et la combinaison température lisseur trop élevée + passages multiples finit par « cuire » la fibre capillaire.
- L’article détaille les bonnes plages de chaleur par nature de cheveux et un protocole simple pour trouver sa température minimale efficace et limiter la casse invisible au quotidien.