Kenzo, Lagerfeld, Arman : ces coulisses du nouveau luxe que tout le monde veut voir avant qu'elles ne disparaissent
Entre appartements de légende et ateliers d’artistes enfin accessibles, un nouveau luxe discret s’impose. Que vient-on vraiment chercher derrière ces portes longtemps fermées ?
Tout savoir sur le nouveau luxe des ateliers d’artistes : la FAQ
En quoi le nouveau luxe des ateliers d’artistes répond-il à un besoin d’ancrage ?
Oui, le nouveau luxe des ateliers d’artistes répond à un besoin d’ancrage et de lien très fort. Le chasseur de tendances Vincent Grégoire le constate depuis plusieurs saisons. Il rappelle : « On l’avait déjà observé à Milan, au salon du meuble en avril 2025. La tendance se confirme à Paris cet hiver », explique Vincent Grégoire chez Nelly Rodi au magazine Elle. Il développe : « Dans les grandes mouvances du moment, on observe un véritable besoin d’ancrage. Face à l’accélération de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux, les gens sont en demande de plus de liens. Les consommateurs ont besoin de se rassurer avec une quête de nouvelle proximité. Ils veulent se faire embarquer avec une histoire et se reconnecter avec l’artisanat. » Pour lui, « pour savoir où l’on va, on a besoin de savoir d’où l’on vient » et « L’idée est de mettre en avant les archives et le patrimoine pour combler le besoin de « rematerialisation » qui s’exprime dans un contexte sociétal challengeant, parfois même angoissant. »
Comment les maisons de créateurs ouvrent-elles leurs coulisses au public ?
Oui, plusieurs maisons de créateurs ouvrent ponctuellement leurs intérieurs pour transformer ces lieux en expériences immersives pour le public. À la mi-janvier 2026, alors que les passionnés de décoration se retrouvaient à Maison et Objet, Paris déco off a vu s’ouvrir des adresses longtemps privées.
- L’ancien appartement de Karl Lagerfeld, ouvert par Bel Ouvrage rue de Verneuil.
- L’atelier du peintre, sculpteur et plasticien Arman, investi par Schumacher dans le 6e arrondissement.
- La maison d’Andrée Putman, la maison japonisante de Kenzo, l’ancienne maison de Gabrielle Chanel, « La Pausa », ou encore la maison « Drophaus » imaginée par Pharrell Williams pour un défilé Louis Vuitton.
Pendant la Fashion Week de janvier 2026, ces lieux sont devenus des showrooms, des décors de campagne ou des maisons-concepts, confirmant que le nouveau luxe des ateliers d’artistes passe par l’accès physique aux coulisses de la création.
Pourquoi ce nouveau luxe est-il présenté comme la suite logique du Quiet Luxury ?
Oui, l’accès aux coulisses prolonge le Quiet Luxury vers un luxe d’expérience beaucoup plus partagé et incarné. Vincent Grégoire le résume en expliquant que « On ouvre les ateliers, on montre les produits de près. Le nouveau luxe, c’est l’intelligence, la connaissance et le partage des savoir-faire. Il y a quelques années, tout cela restait dans l’ombre. Les ateliers étaient fermés, dissimulés. Désormais, on redonne du sens et de l’émotion à la marque en dévoilant ses coulisses. » Il y voit « la suite logique du Quiet Luxury », à condition de rester désirable « sans tomber dans le boring luxury ». Cette démarche crée « Une nouvelle transparence, une émotion partagée qui finalement n’ont rien de nouveau. On avait déjà observé ce phénomène dans l’univers de la gastronomie, avec les restaurants qui montraient les chefs au travail dans leur cuisine. »
En bref
- À Milan en 2025 puis à Paris en janvier 2026, salons déco et Fashion Week voient ateliers d’artistes et maisons de créateurs s’ouvrir ponctuellement au public.
- Ce nouveau luxe des coulisses répond au besoin d’ancrage, de proximité et de rematerialisation, en mettant en scène archives, gestes artisanaux et patrimoine.
- Entre Quiet Luxury et expériences immersives, l’accès à ces lieux intimes pourrait bien redessiner notre façon de vivre le luxe au quotidien.