Pai, Nuxe, Les Secrets de Loly : ces destins féminins méconnus dont personne ne parle derrière vos produits préférés du quotidien
Elles ont transformé une peau en crise, des boucles ignorées ou un vignoble familial en empires cosmétiques. Portraits croisés de femmes fondatrices de marques de cosmétiques qui bousculent les codes, de Nuxe à Les Secrets de Loly en passant par Pai.
On achète un flacon d’Huile Prodigieuse, un sérum pour peau réactive ou une gelée coiffante Boost‑Curl sans toujours savoir qui en a eu l’idée. Derrière ces produits devenus réflexes de salle de bains se cachent des histoires très personnelles, parfois marquées par la maladie, parfois par l’héritage familial ou des galères de cheveux.
Car au fond, ces marques que l’on croise en pharmacie ou sur Instagram racontent la vie de femmes bien réelles, qui ont transformé un besoin intime en projet d’entreprise. De la fondatrice de Nuxe à celle de Les Secrets de Loly, jusqu’à la créatrice de Pai, leurs parcours dessinent une autre carte de la beauté.
Ces femmes qui ont créé Nuxe, Pai et Les Secrets de Loly
En 1989, Aliza Jabès, diplômée de Sciences Po Paris et d’un MBA new‑yorkais, rachète un petit laboratoire de cosmétologie naturelle poussé par son père pharmacien. Elle en fera Nuxe, maison qui bouscule la pharmacie en y glissant du plaisir et des textures sensorielles, notamment avec l’Huile Prodigieuse lancée en 1991 alors qu’elle est enceinte.
Vingt ans plus tard, à Londres, l’ancienne communicante Sarah Brown, déstabilisée par une urticaire chronique qu’aucun spécialiste ne parvient à expliquer, rentre en Angleterre et crée Pai en 2007. À Paris, Kelly Massol démarre encore plus modestement : en 2009, avec 1 500 € de capital et sa cuisine comme labo, elle fonde Les Secrets de Loly, une marque tournée vers les cheveux bouclés, frisés et crépus qui finira par devenir l’une des références capillaires en pharmacie, avec un chiffre d’affaires avoisinant les 50 millions d’euros.
Parcours intimes et innovations des fondatrices de marques de beauté
La science tient une place centrale pour plusieurs de ces créatrices. Chez Caudalie, née en 1995, Mathilde Thomas s’appuie sur les travaux du Pr Joseph Vercauteren autour des polyphénols de pépins de raisin pour bâtir une marque d’anti‑âge issue du vignoble familial. Pour Gallinée, créée en 2016, la pharmacienne Marie Drago part d’un problème de peau rare lié au microbiome. Elle raconte : « Je suis retournée à l’université, j’ai passé ma thèse sur les probiotiques pour la peau, que j’ai brevetée et utilisée pour créer mes formules », explique Marie Drago, citée par Femina.
D’autres histoires sont d’abord sociales. Kelly Massol a grandi chez sa grand‑mère avant de demander un placement en famille d’accueil à 15 ans à cause de maltraitances. Téléconseillère, elle lance le forum Boucles et cotons, puis fabrique ses propres soins à base de karité et de jojoba, avant de passer à l’échelle. En Afrique, la Congolaise Ketsia Olangi développe la marque O’Cosmétiques tout en animant des forums de entrepreneuriat féminin via Nehema Foundation. Plus tôt dans le siècle, Ella Baché, pharmacienne hongroise née en 1900, ouvrait dès 1936 un institut parisien et signait des innovations comme la Crème Tomate ou les premières bandes de cire froide.
Comment ces marques beauté fondées par des femmes changent le secteur
Ces histoires individuelles ont fait bouger les lignes de la beauté. Aliza Jabès a introduit une cosmétique naturelle hédoniste en pharmacie, puis développé plus de soixante spas Nuxe dans le monde. Sarah Brown a posé très tôt les bases d’une beauté « clean », bio, vegan, avec une usine intégrée pour garder la main sur la fabrication. Kelly Massol a imposé les cheveux texturés au cœur des rayons grand public, jusqu’à devenir investisseuse et autrice de l’autobiographie Boss Energy.
En parallèle, des pionnières comme Mathilde Thomas, Marie Drago ou Ella Baché ont rapproché laboratoires et salle de bains en misant sur la recherche anti‑âge, les pré‑ et probiotiques ou les acides de fruits. Et puis, des figures comme Ketsia Olangi utilisent la beauté comme levier économique, en liant cosmétiques, agriculture locale et réseaux de femmes entrepreneures. Ces trajectoires, très différentes, ont un point commun : partir d’un vécu personnel pour créer des marques qui parlent à des millions d’autres femmes.
Foire aux questions sur les femmes derrière les marques de beauté
Qui est la fondatrice de la marque Nuxe ?
Nuxe a été développée par Aliza Jabès, entrepreneure française qui a racheté le laboratoire en 1989.
Qui a créé Les Secrets de Loly pour les cheveux texturés ?
Les Secrets de Loly a été fondée en 2009 par Kelly Massol, spécialiste des cheveux bouclés, frisés et crépus.
Qu’est-ce que la marque Pai fondée par Sarah Brown ?
Pai est une marque britannique de soins « clean » créée en 2007 par Sarah Brown pour les peaux sensibles.
En bref
- De Paris à Londres en passant par le Congo, des femmes comme Aliza Jabès, Kelly Massol ou Sarah Brown ont bâti leurs marques de cosmétiques entre 1936 et les années 2010.
- Leurs histoires mêlent maladies de peau, cheveux texturés oubliés, héritage viticole ou vocation pharmaceutique pour donner naissance à Nuxe, Les Secrets de Loly, Pai, Caudalie, Gallinée ou Ella Baché.
- Au-delà des succès, ces parcours montrent comment des vécus intimes peuvent transformer toute l’industrie de la beauté et inspirer de futures entrepreneures.