Fini les Ugg : ces chaussures ultra tendances sont un "désastre orthopédique", selon les podologues
Ballerines ultra-plates, mules, UGG… Et si vos paires préférées faisaient discrètement souffrir vos pieds, vos genoux et votre dos ? De vraies chaussures à éviter selon les podologues, mais il existe des alternatives stylées.
Elles envahissent TikTok, les vitrines et nos dressings : ballerines ultra-plates, mules minimalistes, plateformes XXL, bottes fourrées type UGG… Sur le papier, ces modèles ont tout bon côté style. Mais pour les spécialistes du pied, une partie de ces it-chaussures relèvent du vrai désastre orthopédique. Et les dégâts ne se limitent pas à quelques ampoules.
L’Union Française pour la Santé du Pied (UFSP) et l’Ordre National des Pédicures-Podologues (ONPP) alertent sur les effets à long terme de ces modèles à la mode, accusés de favoriser aponévrosite plantaire, tendinites et douleurs articulaires en chaîne. Derrière la quête de confort ou de tendance, se cachent des chaussures à éviter selon les podologues si l’on veut préserver ses appuis.
Pourquoi certaines chaussures tendance sont un désastre orthopédique
Le réflexe de près de 90 % des femmes serait de croire que « plat » rime avec confort et santé. Après une journée en talons, on enfile des ballerines ultra-plates ou des mules fines pour « reposer » ses pieds. En réalité, passer brutalement d’un talon haut qui raccourcit le tendon d’Achille à une semelle totalement plate qui l’étire au maximum crée un choc biomécanique. Une ballerine totalement plate, sans soutien, réduit de plus de 50 % la capacité d’absorption des chocs du pied à chaque pas et favorise l’aponévrosite plantaire, cette inflammation du fascia plantaire à l’origine de vives douleurs au talon.
Le pied n’a pas été conçu pour fonctionner sur une surface rigide et parfaitement plane. Quand la voûte plantaire n’est pas soutenue, elle s’affaisse progressivement, mettant en tension l’aponévrose et les muscles. Avec les plateformes rigides, dites flatforms, le problème est différent : la flexion métatarso-phalangienne, qui devrait atteindre au moins 30 degrés pour une bonne propulsion, est quasiment bloquée. Le corps compense alors en sur-sollicitant cheville, genou et hanche, avec à la clé tendinites et douleurs articulaires.
Les chaussures à éviter selon les podologues et leurs alternatives stylées
Concrètement, plusieurs modèles très en vue cochent toutes les cases du mauvais élève. Les ballerines ultra-plates et babies plates, pointées aussi par le podologue Jean-Loup Lafeuillade, mettent directement à mal le fascia plantaire. Les plateformes rigides ultra-tendances figent le déroulé du pas. Les mules ouvertes à l’arrière obligent les orteils à se crisper pour retenir la chaussure, créant des orteils en griffe et une instabilité de cheville.
- Ballerine extra-plate : risque d’aponévrosite plantaire et douleurs au talon ; à remplacer par une ballerine avec un petit talon de 2 à 4 cm, une semelle d’au moins 1 cm et, si possible, une semelle interne amovible avec soutien de voûte.
- Plateforme rigide / flatform : blocage de l’avant-pied, tendinite d’Achille et douleurs de genoux ; mieux vaut une compensée souple ou une semelle « rocker » à bascule qui accompagne le mouvement.
- Mule sans maintien arrière, tongs et claquettes plates : orteils en griffe, instabilité et chutes ; à privilégier en version sandale avec large bride sur le cou-de-pied ou bride arrière type slingback.
D’un autre côté, les bottes fourrées type UGG, créées à l’origine pour réchauffer les pieds après le surf et vendues à plus de 10 millions de paires par an, sont devenues un symbole de confort. Portées comme chaussures de ville, elles manquent pourtant de structure et de soutien de voûte, favorisant une pronation excessive du pied et des douleurs associées. Même constat pour les Crocs, slip-on et baskets « chaussons » : la sensation moelleuse masque un manque de maintien qui surcharge progressivement ligaments et tendons.
Bien choisir ses chaussures de tous les jours sans sacrifier la mode
Les experts de l’UFSP et de l’ONPP s’accordent sur quelques repères simples. La hauteur de talon idéale pour marcher longtemps se situe autour de 2 à 4 cm, avec une semelle suffisamment épaisse pour amortir les chocs et suffisamment souple à l’avant-pied pour permettre la flexion. En magasin, on peut plier la chaussure : si l’avant-pied ne bouge pas ou si elle se tord complètement en torsion, c’est mauvais signe. Un bon contrefort au talon, un maintien arrière et, quand c’est possible, une semelle intérieure de qualité font la différence.
Et puis il y a la façon de porter ces modèles. Les tongs et claquettes gardent leur place à la plage ou au bord de la piscine, sur des temps courts. Les talons aiguilles et les plateformes extrêmes relèvent davantage de la soirée que du quotidien. Alterner les paires au fil de la semaine, adapter ses choix à son poids, à son activité ou à un travail prolongé debout, et consulter un podologue en cas de douleur persistante, reste la meilleure stratégie pour concilier style et santé du pied.
FAQ sur les chaussures tendance et la santé du pied
Les ballerines ultra-plates sont-elles vraiment dangereuses pour les pieds ?
Oui, surtout portées toute la journée. Leur semelle trop fine et totalement plate réduit fortement l’absorption des chocs et favorise l’aponévrosite plantaire. Mieux vaut choisir un modèle avec petit talon et semelle plus épaisse.
Peut-on continuer à porter des bottes fourrées type UGG au quotidien ?
Ces bottes sont très confortables mais offrent peu de maintien et encouragent la pronation excessive. Les podologues conseillent de les réserver à des usages ponctuels et de privilégier au quotidien des boots mieux structurées.
Quelle hauteur de talon conseillent les podologues pour tous les jours ?
Pour la marche prolongée, la plupart des spécialistes recommandent un talon situé autour de 2 à 4 cm, avec une semelle amortissante et un bon maintien arrière, plutôt qu’un plat total ou un talon très haut.
En bref
- Ballerines ultra-plates, mules, plateformes rigides et bottes fourrées type UGG s’imposent partout alors que l’UFSP, l’ONPP et plusieurs podologues alertent sur leurs effets à long terme.
- En bloquant la flexion du pied, en supprimant l’amorti ou le maintien arrière, ces chaussures tendance favorisent aponévrosite plantaire, pronation excessive, tendinites et douleurs articulaires en chaîne.
- Les spécialistes détaillent les chaussures à éviter selon les podologues et proposent pour chaque modèle des alternatives stylées, avec talon de 2 à 4 cm et meilleur soutien du pied.