Crèmes solaires : pourquoi la composition du SPF de la marque Beauty of Joseon rassure tant les experts santé ?
Portée par TikTok, cette crème solaire coréenne réveille autant d’angoisses que d’enthousiasme chez les patients. Entre filtres de nouvelle génération et règle des 500 daltons, les experts santé y voient pourtant un profil étonnamment rassurant.
En quelques mois, la crème solaire coréenne Beauty of Joseon Relief Sun est passée du statut d’astuce TikTok à celui de best‑seller mondial. Dans les cabinets de dermatologie, ce succès arrive avec des captures d’écran d’applis et une angoisse récurrente : filtres « chimiques », perturbateurs endocriniens, passage dans le sang.
Pourquoi alors ce SPF séduit‑il autant les experts santé ? Né en 2021, en plein scandale des solaires coréens sous‑dosés, le Relief Sun a été testé en laboratoire en Corée puis en Espagne avec un SPF50+ PA++++ et un UVA‑PF autour de 19,3. Mais ce qui rassure vraiment les médecins tient moins aux chiffres qu’à la nature même de ses filtres UV.
Beauty of Joseon Relief Sun : filtres UV de nouvelle génération
Contrairement à de nombreux SPF occidentaux encore formulés avec oxybenzone ou octocrylène, Beauty of Joseon s’appuie sur quatre filtres de nouvelle génération : Ethylhexyl Triazone (Uvinul T 150), Diethylamino Hydroxybenzoyl Hexyl Benzoate (Uvinul A Plus), Diethylhexyl Butamido Triazone (Uvasorb HEB) et Methylene Bis‑Benzotriazolyl Tetramethylbutylphenol (Tinosorb M). Ces filtres organiques, largement employés en Europe et en Corée, ont été évalués comme sûrs aux concentrations autorisées par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs dans le cadre du règlement (CE) n° 1223/2009.
Autre signal fort pour les professionnels : l’absence d’oxybenzone, d’octinoxate et d’octocrylène, petites molécules capables de traverser la peau et de se dégrader en benzophénone, un perturbateur endocrinien suspecté. Les filtres choisis, eux, restent en surface pour absorber les UV et les dissiper sous forme de chaleur.
Règle des 500 daltons : pourquoi ces filtres restent en surface
Pour expliquer cette différence, les dermatologues évoquent souvent la règle des 500 daltons. Les auteurs d’une étude référencée sur PubMed écrivent : « Nous soutenons que le poids moléculaire d’un composé doit être inférieur à 500 daltons pour permettre une absorption cutanée », indiquant que les molécules plus lourdes ne franchissent pas la couche cornée. Ils rappellent aussi que la quasi‑totalité des allergènes de contact, des médicaments topiques et des systèmes transdermiques efficaces ont un poids inférieur à ce seuil.
Les filtres du Relief Sun font exactement l’inverse : Tinosorb M, Uvinul T 150 ou Uvasorb HEB dépassent largement les 500 daltons, avec des structures volumineuses et, pour Tinosorb M, un comportement presque particulaire. Associés à une formule non nano, ils restent surtout à la surface de la peau, tandis que leur innocuité est réévaluée régulièrement dans le cadre du règlement (CE) n° 1223/2009 et par le CSSC. De l’autre côté de l’Atlantique, la FDA américaine n’a approuvé aucun nouveau filtre UV depuis 1999, ce qui explique surtout l’absence de ces molécules en rayon aux États‑Unis.
Tout savoir sur Beauty of Joseon Relief Sun : la FAQ
La composition du Beauty of Joseon Relief Sun traverse-t-elle la peau ?
La pénétration cutanée des filtres du Relief Sun semble faible, car ils dépassent 500 daltons et restent surtout en surface.
Beauty of Joseon Relief Sun contient-il des perturbateurs endocriniens ?
Ce SPF évite les filtres UV les plus discutés et utilise des filtres évalués comme sûrs par le CSSC.
Pourquoi Beauty of Joseon Relief Sun est-il peu présent aux États-Unis ?
Son absence des rayons américains vient du fait que la FDA n’a pas approuvé de nouveaux filtres UV depuis 1999.
En bref
- Née en 2021 en plein scandale des solaires coréens, la crème Beauty of Joseon Relief Sun SPF50+ PA++++ envahit réseaux sociaux et cabinets de dermatologie.
- Sa formule s’appuie sur quatre filtres UV de nouvelle génération, lourds et non nano, validés par le CSSC dans le cadre du règlement cosmétique européen.
- Entre règle des 500 daltons, absence d’oxybenzone et paradoxe américain de la FDA, les arguments qui rassurent les experts santé méritent d’être détaillés.