Stellantis lâche le 100 % électrique : ce carburant qu’il remet au centre du jeu pourrait changer vos prochaines voitures
Promis au tout électrique, le géant Stellantis assume désormais un spectaculaire retour du diesel chez Stellantis. Entre pression chinoise, coût des batteries et lobbying à Bruxelles, ce virage pourrait rebattre les cartes pour les conducteurs européens.
Pour aller de l’avant, Stellantis fait… marche arrière. Il y a encore trois ans, Carlos Tavares promettait un futur 100 % électrique, avec l’objectif de vendre uniquement des voitures à batteries en Europe d’ici 2030. Le groupe se retrouve aujourd’hui rattrapé par les coûts, les contraintes industrielles et une demande clients moins rapide que prévu. Résultat : 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles liées à la révision de cette stratégie électrique sont passés dans les comptes.
Le changement de cap coïncide avec l’arrivée d’Antonio Filosa à la direction générale, mi‑2025. Le nouveau patron reconnaît que Stellantis a, selon ses mots, « surestimé le rythme de la transition énergétique », a-t-il expliqué au Journal du Geek. Le constructeur assume désormais une approche multi-énergies, où le retour du diesel chez Stellantis devient un pilier inattendu de la nouvelle feuille de route.
Pourquoi Stellantis remet le diesel au cœur de sa stratégie
Pour Antonio Filosa, ce virage n’a rien d’un caprice : « le retour au diesel n’est pas une lubie, c’est une nécessité commerciale », poursuit-il dans le même média. Le message officiel va dans ce sens. Dans un communiqué cité par Híbridos y Eléctricos, le groupe affirme : « Nous avons décidé de maintenir les moteurs diesel dans notre portefeuille de produits et, dans certains cas, d’élargir notre offre de systèmes de propulsion. Chez Stellantis nous voulons générer de la croissance, c’est pourquoi nous nous concentrons sur la demande des clients ».
Concrètement, Citroën Berlingo, Peugeot Rifter et Opel Combo ont retrouvé un moteur BlueHDi de 100 chevaux dans leur catalogue, très apprécié des professionnels et des familles nombreuses. Sur le segment des compactes, la Peugeot 308 diesel, l’Opel Astra et la DS 4 réapparaissent en version gazole, tandis que les Alfa Romeo Giulia, Stelvio, Tonale, le DS 7 ou encore l’Opel Zafira conservent leurs blocs diesel, notamment un 2,2 litres de 180 ch.
Modèles diesel Stellantis, écarts de prix et réalité du marché
Le raisonnement économique est frontal. En France, un Opel Combo diesel est affiché autour de 24 100 euros, quand sa version électrique dépasse les 37 000 euros. Pour un artisan ou un particulier qui roule beaucoup, l’écart à l’achat, ajouté à un coût au kilomètre souvent inférieur à celui d’une recharge rapide sur autoroute, pèse lourd. Pour ces profils, le diesel reste l’option jugée la plus rationnelle.
Le contexte de marché reste pourtant contrasté. Selon l’ACEA, les diesels ne représentaient plus que 7,7 % des ventes de voitures neuves en Europe en 2025, contre environ 50 % en 2015, tandis que les électriques atteignaient 19,5 %. Mais le gazole compte encore pour 45 % des transactions sur le marché de l’occasion, et près de la moitié du parc roulant français continue de fonctionner au diesel. C’est ce vivier de clients que Stellantis choisit de ne plus laisser aux seuls concurrents thermiques.
Concurrence chinoise, lobbying politique et avenir du diesel
Un autre argument domine : l’absence presque totale de diesel chez les constructeurs chinois. BYD, MG, Leapmotor et leurs rivaux misent sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables, pas sur le gazole. En renforçant sa gamme diesel, Stellantis se positionne sur un terrain où ces nouveaux entrants ne sont pas présents. Dans le même temps, en Chine, Yuchai travaille déjà sur un système EREV combinant moteur diesel et électrique, où le thermique sert uniquement de générateur.
Pour Bernard Jullien, maître de conférences spécialiste de l’automobile, ce mouvement dépasse la simple logique produit : « c’est plus qu’une offensive commerciale, c’est un travail politique de lobbying », explique-t-il au Journal du Geek. Selon lui, derrière ce choix assumé, « il y a un discours subliminal qui consiste à dire : c’est Trump qui a raison et pas von der Leyen ». Le tout dans un contexte où la Commission européenne a déjà assoupli l’échéance d’interdiction des thermiques en 2035, tandis que Ford, Volvo et General Motors révisent eux aussi leurs ambitions électriques et que Stellantis promet toujours une trentaine de modèles électriques ou hybrides entre 2025 et 2026.
Tout savoir sur le retour du diesel chez Stellantis : la FAQ
Pourquoi Stellantis revient-il au diesel après avoir annoncé le tout électrique ?
Stellantis revient au diesel pour suivre la demande réelle des clients et le différentiel de coût avec l’électrique. Le groupe a reconnu avoir « surestimé le rythme de la transition énergétique », tout en enregistrant 22 milliards d’euros de charges liées à sa stratégie électrique. Le diesel lui permet de proposer des véhicules plus abordables, en particulier pour les gros rouleurs et les professionnels.
Quels modèles Stellantis sont disponibles en motorisation diesel en 2026 ?
En 2026, Stellantis propose le diesel sur plusieurs ludospaces, berlines et SUV emblématiques en Europe. On trouve notamment les Citroën Berlingo, Peugeot Rifter et Opel Combo en BlueHDi 100 ch, la Peugeot 308, l’Opel Astra et la DS 4, mais aussi les modèles premium DS 7, Alfa Romeo Giulia, Stelvio et Tonale, ainsi que l’Opel Zafira avec un 2,2 litres de 180 ch.
Le diesel a-t-il encore un avenir face à l’électrique en Europe ?
Le diesel garde un rôle de niche malgré la progression rapide de la voiture électrique en Europe. Il ne représente plus que 7,7 % des ventes neuves en 2025, mais 45 % des transactions d’occasion et environ la moitié du parc roulant français. Pour des usages intensifs, l’autonomie et le coût par kilomètre restent des atouts, tandis que l’électrique domine de plus en plus sur les segments urbains et les aides publiques.
En bref
- Entre 2025 et 2026, Stellantis, après l’ère Carlos Tavares et sa promesse de 100 % électrique en 2030, revoit sa copie sous Antonio Filosa en assumant 22 milliards d’euros de charges liées à l’électrification.
- Le groupe relance une large offre diesel sur des modèles comme Peugeot 308, Citroën Berlingo, Opel Combo BlueHDi 100 ch ou Alfa Romeo Giulia, en jouant sur l’écart de prix avec l’électrique, la demande réelle et l’absence de diesel chez les constructeurs chinois.
- Entre bataille réglementaire autour de l’échéance 2035, poids du parc roulant au gazole et stratégie de niche face à BYD ou MG, ce pari sur le diesel pourrait autant sécuriser certains clients que raviver de nouveaux risques d’image et de contraintes locales.