Hygiène intime : les gynécologues alertent sur ces 3 ingrédients à bannir de vos produits
Et si votre gel intime, censé protéger, augmentait en silence le risque de mycoses et d'irritations ? Des gynécologues pointent 3 ingrédients à bannir dans les produits d’hygiène intime pour préserver la flore.
Votre gel intime affiche des promesses de douceur, de fraîcheur ou de « pH respecté »… pourtant, plusieurs équipes de recherche et des gynécologues tirent la sonnette d’alarme. Une étude de l’Université de Guelph publiée dans BMC Women’s Health a montré que les femmes qui utilisent des produits d’hygiène intime ont environ trois fois plus de risques de développer une infection vaginale que celles qui n’en utilisent pas.
Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) rappelle qu’une hygiène intime trop fréquente ou réalisée avec des produits inadaptés favorise mycoses et vaginoses. Et là, un point revient sans cesse : la composition. Car au fond, ce ne sont pas seulement les gestes qui posent problème, mais bien certains ingrédients précis à repérer sur l’étiquette.
Hygiène intime : quand vos produits font flamber les infections
L’étude canadienne citée plus haut rapporte que 95 % des participantes utilisaient au moins un produit d’hygiène intime. Chez elles, le risque d’infection vaginale était multiplié par trois. Les gels antiseptiques arrivaient en tête des produits les plus associés aux complications : risque de mycose multiplié par huit, d’infection bactérienne par vingt.
Les gels nettoyants intimes classiques étaient eux aussi liés à davantage d’ennuis, avec plus d’infections bactériennes et d’infections urinaires, tout comme les lingettes intimes, associées à un risque d’infection urinaire environ doublé. Aux États-Unis, la pratique de la « douche vaginale », très répandue jusque dans les années 1970, a même été reliée par les Centers for Disease Control and Prevention à une hausse des maladies inflammatoires pelviennes et des grossesses extra‑utérines.
Flore vaginale et pH : un équilibre que beaucoup de produits cassent
Un vagin en bonne santé abrite une flore dite de Döderlein, dominée par les lactobacilles. Ces bactéries produisent de l’acide lactique qui maintient un pH naturellement acide, entre 3,8 et 4,5, et forme une barrière contre des germes comme Candida albicans ou Gardnerella vaginalis. Un produit à pH neutre ou alcalin (supérieur à 7) ou contenant des antiseptiques fait remonter ce pH et déséquilibre tout le microbiote.
Le piège, c’est cette fameuse sensation de « propreté qui crisse » après la douche. En réalité, elle signale que la muqueuse a perdu son film hydrolipidique protecteur, qu’elle est plus sèche, plus irritable, et donc plus vulnérable aux infections. Comme le résume un guide d’hygiène intime, le vrai danger est de confondre « propreté » et « décapage » plutôt que de respecter la physiologie d’une zone déjà auto‑nettoyante.
Les 3 ingrédients à bannir de vos produits d’hygiène intime
Premiers sur la liste noire, les antiseptiques puissants. Sur la nomenclature INCI, ils se repèrent à des noms comme Chlorhexidine Digluconate, Triclosan ou Hexetidine. Ces molécules, très utiles ponctuellement en contexte médical, se comportent comme de véritables « bombes atomiques » pour la flore : elles détruisent les bonnes bactéries au même titre que les pathogènes, ce qui colle parfaitement avec les risques d’infections multipliés observés dans les études.
Juste derrière arrivent les parfums et les tensioactifs sulfatés. Sur l’étiquette, la mention « Parfum » ou « Fragrance » peut cacher une longue liste d’allergènes comme Linalool, Geraniol ou Citronellol, très irritants sur une muqueuse vulvaire. Côté agents lavants, méfiance face au Sodium Lauryl Sulfate (SLS), au Sodium Laureth Sulfate (SLES), au TEA‑Lauryl Sulfate, au Sodium Palmate ou au Sodium Hydroxide, connus pour décaper le film hydrolipidique. Sans oublier d’autres composés pointés par des analyses comme certains PEG, EDTA, BHT ou parabens. Les gynécologues recommandent au contraire de limiter le lavage à la vulve, une fois par jour maximum, avec un produit doux sans savon, au pH physiologique, ou simplement de l’eau claire.
Peut‑on utiliser son gel douche classique pour l’hygiène intime ?
Un gel douche pour le corps a souvent un pH plus élevé et contient parfums et tensioactifs agressifs. Pour la zone vulvaire, les spécialistes conseillent des formules spécifiques très douces ou de l’eau, afin de préserver la flore.
Changer de gel suffit‑il en cas de mycoses à répétition ?
Remplacer un produit irritant par un nettoyant adapté aide parfois à espacer les épisodes, mais ne remplace jamais une consultation. En cas de mycoses ou vaginoses à répétition, un avis médical reste indispensable.
Quel type de produit privilégier au quotidien pour l’hygiène intime ?
Un produit sans savon, sans parfum, avec tensioactifs doux et pH physiologique est généralement préféré. Beaucoup de femmes supportent très bien un simple rinçage à l’eau, en limitant le lavage à la vulve et en évitant tout geste à l’intérieur du vagin.
En bref
- Une étude de l’Université de Guelph et les mises en garde du CNGOF montrent que l’usage courant de produits d’hygiène intime augmente nettement le risque d’infections vaginales.
- Antiseptiques puissants, parfums allergisants et tensioactifs sulfatés déséquilibrent la flore de Döderlein, font grimper le pH et favorisent mycoses, vaginoses et irritations.
- En apprenant à lire l’étiquette INCI et en privilégiant un lavage limité de la vulve avec de l’eau ou un produit doux au pH adapté, il devient possible de protéger réellement sa flore intime.