EDF accusé d’aider BYD : cette prime cachée pour des voitures électriques chinoises que tous les Français paient fait scandale
Une prime EDF BYD cachée dans les factures d’électricité met EDF, BYD et l’État au cœur d’un bras de fer explosif. Entre transition écologique et préférence européenne, ce petit bonus soulève une grande question politique.
Une remise cachée dans les factures d’électricité, un constructeur chinois en pleine conquête de l’Europe et une entreprise publique française au milieu : le cocktail était prêt. Quand les élus ont découvert que des voitures BYD profitaient d’une prime financée par EDF, la polémique a immédiatement pris feu. Et la question dépasse largement le seul marché automobile.
Depuis début septembre, les clients français de BYD peuvent toucher une prime EDF BYD à l’achat d’une voiture 100 % électrique : 365 € pour un particulier et 555 € pour un professionnel. L’accord, signé discrètement en décembre 2025 au titre des Certificats d’économie d’énergie, devait même, à partir de 2027, permettre aux Dolphin Surf et Atto 2 produites en Hongrie de bénéficier d’un Coup de pouce CEE dépassant 8 000 € à l’achat. De quoi transformer une aide technique en affaire politique.
Prime EDF BYD : un dispositif CEE devenu explosif
Au cœur du dossier, les CEE imposent aux fournisseurs d’énergie de financer pour 8 milliards d’euros d’actions d’économie d’énergie en 2026, dont l’achat de véhicules électriques. La prime versée par EDF à BYD relève de la prime CEE de base, un dispositif générique ouvert à tout véhicule électrique, sans exigence d’éco-score. En révélant le 4 septembre, dans un simple communiqué, que toute sa gamme électrique en France en bénéficiait, BYD a mis en lumière un contrat jusque-là passé sous les radars.
Pour les opposants, le problème tient surtout à la nature d’EDF, renationalisée à 100 % en 2023. Voir une société publique soutenir un industriel chinois plutôt que Renault ou Stellantis passe très mal. « A quel moment une société 100% détenue par l’Etat français favorise-t-elle un industriel étranger (et pas n’importe lequel !) contre ses propres constructeurs », s’offusque le député Place Publique Sacha Houlié dans des propos rapportés par Journal du Geek. Les élus pointent un angle mort du dispositif : rien n’interdit à une entreprise publique d’orienter cette prime générique vers un concurrent extra-européen.
Des critiques politiques à la riposte du gouvernement
La droite s’est elle aussi engouffrée dans la brèche. « Scandaleux et irresponsable : EDF, société nationale, subventionne les voitures électriques chinoises de BYD, via les certificats d’économie d’énergie payés in fine par le consommateur d’électricité français », lance la sénatrice LR Marie-Claire Carrère-Gée, avant de marteler : « L’État actionnaire doit immédiatement faire cesser cela ! » L’idée que cette remise soit en réalité financée par toutes les factures d’électricité françaises alimente la colère.
Le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin s’est rapidement aligné sur cette ligne, rappelant que « L’argent public des Européens doit d’abord soutenir notre base industrielle et nos emplois en Europe. » Il a demandé au PDG d’EDF de mettre fin à la convention avec BYD : pas de rupture brutale, mais une non-reconduction. L’accord ira donc jusqu’au 31 décembre 2026, les acheteurs de BYD restant éligibles à la prime CEE de base jusqu’à cette date, avant extinction.
EDF se défend, BYD prépare ses usines européennes
EDF, de son côté, insiste sur la légalité et la neutralité de son choix. Dans un communiqué, l’énergéticien rappelle que « la convention signée avec BYD est légale et répond à une logique commerciale. Elle a été conclue dans le cadre normal de nos activités et ne traduit pas, en elle-même, une prise de position politique ou industrielle en faveur de BYD. » L’entreprise souligne financer aussi des véhicules du groupe Volkswagen produits en Europe et explique : « EDF répond systématiquement aux consultations qui lui sont adressées pour la production de CEE. C’est dans ce cadre qu’EDF a répondu à la sollicitation de BYD en décembre 2025. Depuis l’ouverture du dispositif, EDF a également engagé des discussions avec les constructeurs français. Celles-ci n’ont pas abouti à ce stade. »
En toile de fond, BYD accélère son implantation industrielle sur le continent. Le constructeur a commencé la production dans une première usine en Hongrie et vise trois sites d’assemblage de voitures, plus une usine de batteries en Europe. Des localisations comme l’Espagne ou la France sont étudiées pour les futures usines. Une fois fabriqués en Europe, les modèles BYD pourraient remplir les critères d’éco-score et prétendre aux aides renforcées, tandis que l’accord spécifique avec EDF aura, lui, disparu sous la pression politique.
Foire aux questions sur la prime EDF BYD
Qu’est-ce que la prime EDF BYD via les CEE ?
La prime EDF BYD est une aide fixe de 365 € pour les particuliers et 555 € pour les professionnels financée par EDF via les certificats d’économie d’énergie sur toute la gamme électrique BYD en France.
Qui paie réellement cette prime pour les voitures BYD ?
La prime est avancée par EDF au titre de ses obligations CEE, mais ces certificats sont « payés in fine par le consommateur d’électricité français », rappelle Marie-Claire Carrère-Gée.
Jusqu’à quand la prime EDF BYD reste-t-elle disponible ?
Le ministre de l’Industrie a demandé à EDF de laisser l’accord courir jusqu’au 31 décembre 2026, sans le reconduire, ce qui limite la prime aux achats réalisés avant cette date.
En bref
- Depuis le 4 septembre 2026, un accord CEE signé discrètement en 2025 permet aux acheteurs français de voitures électriques BYD de toucher une prime EDF de 365 à 555 euros.
- La révélation de cette prime, financée par les certificats d’économie d’énergie et donc par les factures d’électricité, provoque une tempête politique, poussant le gouvernement à exiger la fin de la convention au 31 décembre 2026.
- Entre soutien à la transition électrique, défense de l’industrie européenne et expansion de BYD en Europe, cette polémique sur la prime EDF BYD révèle un test grandeur nature de la « préférence européenne ».