Voitures électriques comprises : le retour de cette vieille taxe auto pourrait coûter près de 1 000 € par an dès 2030
Un think tank propose le retour d’une vignette auto 2030, qui frapperait aussi les voitures électriques. Entre 30 et 910 euros par an selon votre profil, cette redevance pourrait bousculer bien plus que votre budget carburant.
La simple idée suffit à faire grimacer nombre d’automobilistes : et si la vignette auto faisait son retour, alors qu’on l’avait oubliée depuis le début des années 2000 ? La rumeur prend d’autant plus que les conducteurs de voitures électriques pensaient avoir échappé pour de bon à ce type de facture.
Derrière ce possible come‑back, il ne s’agit pas d’un projet officiel du gouvernement mais d’une proposition portée par un institut spécialisé dans les transports. Une proposition très chiffrée, qui dessine dès maintenant ce que pourrait coûter, à partir de 2030, une nouvelle contribution annuelle sur les véhicules.
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Pourquoi une nouvelle vignette auto revient dans le débat
L’Institut Mobilités en Transition (IMT) a publié fin septembre 2026 une note intitulée 68 milliards en sursis. Refonder la fiscalité routière à l’ère de l’électrique. L’organisme y constate qu’en 2025 la fiscalité routière a rapporté 67,5 milliards d’euros, soit 4,6 % des recettes publiques, dont 27,7 milliards d’euros pour la seule taxe sur les carburants.
En projetant l’essor des motorisations moins gourmandes en essence et diesel, l’IMT anticipe qu’à règles inchangées cette part tomberait à 3,4 % en 2035, soit un manque à gagner de 22 milliards d’euros. L’institut souligne que la voiture électrique n’expliquerait qu’environ la moitié de cette baisse, le reste venant surtout de taxes gelées depuis 2018.
Combien pourrait coûter cette vignette auto aux électriques et thermiques
Pour combler une partie du trou, l’IMT propose une redevance annuelle véhicule, décrite comme une taxe universelle liée à la détention de tout véhicule à moteur. En moyenne, l’institut avance environ 140 euros par an en 2030 pour la voiture d’un particulier, puis 260 euros en 2035. Pour une voiture d’entreprise, la moyenne atteindrait 320 euros en 2030 et 510 euros en 2035, contre 420 puis 760 euros pour un utilitaire léger.
La fourchette complète irait de 30 à 910 euros par an. Un ménage très modeste vivant en zone rurale ou périurbaine, avec une seule petite voiture électrique légère assemblée en Europe et une batterie européenne, paierait 30 euros. Le même profil passerait à 40 euros si la batterie n’est pas fabriquée dans l’Union européenne, et à 70 euros pour une seule voiture thermique ancienne. À l’autre extrême, un ménage parmi les 20 % les plus aisés, en centre‑ville, possédant plusieurs véhicules dont un thermique lourd et ancien, atteindrait 910 euros.
Calendrier, fonctionnement et impact pour les voitures électriques
La redevance serait entièrement dématérialisée : pas de vignette à coller sur le pare‑brise, le montant serait prélevé chaque année auprès du détenteur enregistré du véhicule. Il dépendrait d’une dizaine de critères combinés, comme la motorisation, la masse, l’âge, les émissions de CO₂, le revenu du ménage, le lieu de vie ou encore le nombre de véhicules. Pour les voitures électriques, l’IMT intégrerait aussi un écoscore et le lieu de fabrication de la batterie.
Tous les véhicules seraient concernés, y compris les voitures électriques. L’institut rappelle qu’à distance égale, un conducteur de voiture électrique verse aujourd’hui environ six fois moins de taxes liées à l’usage qu’un conducteur de voiture thermique. Sa redevance rapporterait selon lui environ 9 milliards d’euros en 2030, puis 17 milliards en 2035, en remplacement de deux taxes existantes sur les véhicules d’entreprise et les poids lourds. L’IMT propose une entrée en vigueur en 2030, avec révision tous les trois ans, et précise que « des dispositifs comparables fonctionnent déjà en Allemagne, aux Pays‑Bas et en Norvège », détaille l’Institut Mobilités en Transition dans sa note relayée par le Journal du Geek. Pour l’instant, ni le gouvernement ni les parlementaires n’ont repris officiellement cette idée.
Foire aux questions sur la future vignette auto et les voitures électriques
La vignette auto est‑elle déjà décidée en France ?
Non, aucune décision n’est prise : la redevance annuelle véhicule reste une simple proposition de l’Institut Mobilités en Transition. À ce stade, ni le gouvernement ni les parlementaires ne l’ont inscrite dans un projet de loi de finances.
Les voitures électriques devront‑elles payer la future vignette auto ?
Oui, la proposition de redevance annuelle véhicule inclut tous les véhicules à moteur, dont les voitures électriques. L’IMT souligne que, pour un même kilométrage, une voiture électrique verse actuellement environ six fois moins de taxes d’usage qu’une voiture thermique.
Combien pourrait coûter la vignette auto pour un ménage modeste ?
Pour un ménage très modeste vivant en zone rurale ou périurbaine avec une petite voiture électrique légère européenne, l’IMT cite un exemple à 30 euros par an. Le montant passerait à 40 euros si la batterie vient de l’extérieur de l’Union européenne, et à 70 euros pour un ménage modeste avec une seule voiture thermique ancienne.
Faudra‑t‑il coller une nouvelle vignette auto sur le pare‑brise ?
Non, l’IMT ne prévoit pas de retour de vignette papier à coller sur le pare‑brise. La redevance serait prélevée chaque année de manière dématérialisée, en croisant les données du véhicule avec les informations fiscales du détenteur comme le revenu fiscal de référence.
En bref
- Fin 2026, l’Institut Mobilités en Transition relance le débat en proposant une nouvelle vignette auto 2030 pour compenser la baisse de la fiscalité routière.
- Cette redevance annuelle, entièrement dématérialisée, irait de 30 à 910 euros par véhicule et concernerait aussi bien les voitures thermiques que les électriques.
- Rien n’étant encore voté, les ménages ont quelques années pour anticiper l’impact potentiel de cette future vignette auto sur leur budget et leurs choix de véhicule.