Ce tournant imposé dès 2028 à ces conducteurs d’appli dans cette capitale pourrait bientôt s’abattre sur vos trajets en France

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Ce tournant imposé dès 2028 à ces conducteurs d'appli dans cette capitale pourrait bientôt s'abattre sur vos trajets en France © Reworld Media

À Londres, le projet de TfL d’imposer des VTC entièrement électriques dès 2028 pourrait rebattre les cartes pour chauffeurs et plateformes. Derrière les objectifs climatiques se cachent un calendrier serré et des conséquences très concrètes pour les usagers.

À Londres, les VTC sont en ligne de mire. Dans une capitale déjà truffée de zones à faibles émissions, l’autorité des transports veut franchir une étape supplémentaire en ciblant directement les voitures utilisées par les chauffeurs privés, ces véhicules réservés sur les applications que l’on ouvre plusieurs fois par semaine. La mesure envisagée ne se limiterait plus à encourager les modèles « propres » : elle fixerait une frontière nette entre les véhicules autorisés et les autres, y compris les hybrides.

Derrière ce tournant, on trouve Transport for London (TfL), qui a lancé une consultation publique sur un calendrier très serré. L’idée est simple sur le papier : à partir d’une certaine date, tout nouveau VTC devra être entièrement électrique pour obtenir une licence, avec un traitement particulier pour les véhicules accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Et là, la question qui se pose pour les chauffeurs comme pour les clientes est évidente : à quoi ressembleront concrètement les trajets à partir de 2028 ?

VTC électriques à Londres : ce que prévoit TfL à partir de 2028

Dans son projet, TfL veut imposer qu’à partir du 3 juillet 2028, tout VTC « new to licensing » soit un modèle à batterie, sans moteur thermique. Les voitures à essence, diesel et hybrides, qu’elles soient rechargeables ou non, ne pourraient plus obtenir de première licence. Seraient concernés les véhicules réservés via Uber, Bolt ou les « minicabs », ces services traditionnels de voitures avec chauffeur. Les célèbres taxis noirs londoniens, les Black Cabs, restent pour l’instant soumis à une autre réglementation et échappent à cette obligation.

Les VTC accessibles aux personnes en fauteuil roulant bénéficieraient d’un délai supplémentaire, avec une échéance au 1er juillet 2030. TfL explique vouloir laisser plus de temps aux constructeurs pour proposer des modèles électriques adaptés. Et puis le changement se ferait surtout au fil des renouvellements : aucun retrait massif n’est prévu en 2028, mais les règles sur l’âge des véhicules se durciraient dès le 1er mars 2027, avec une licence impossible à conserver au-delà de dix ans et un délai de renouvellement réduit de vingt-quatre à douze mois. La consultation reste ouverte jusqu’en décembre, le calendrier devant encore être confirmé.

Pourquoi Londres écarte essence, diesel et même hybrides pour les VTC

Si TfL vise désormais le 100 % électrique, c’est parce que même les hybrides rechargeables continuent à émettre des gaz polluants dès que le moteur thermique démarre. En septembre, la flotte londonienne comptait 94 661 VTC licenciés, dont environ 35 % entièrement électriques et 35 % hybrides rechargeables. Plus de sept voitures sur dix pouvaient donc circuler sans émissions à l’échappement, au moins sur une partie de leurs trajets, ce qui ne suffit plus pour l’autorité des transports.

L’enjeu est renforcé par l’usage intensif de ces véhicules : un VTC parcourt en moyenne 30 500 kilomètres par an. TfL avance que les nouvelles règles permettraient de réduire les émissions d’oxydes d’azote de 9 % et celles de CO₂ de 35 % sur les dix premières années, par rapport aux exigences actuelles, puis d’atteindre 97 % de baisse sur dix-huit ans. Car au fond, chaque VTC qui bascule vers l’électrique pèse bien davantage dans les bilans climatiques qu’une voiture particulière qui roule peu.

Conséquences pour les chauffeurs VTC… et signal envoyé à la France

Pour les chauffeurs londoniens, ce projet change clairement la manière de penser le renouvellement de voiture. À partir de 2028, acheter un modèle thermique ou hybride pour débuter dans le métier ne serait plus possible, et les véhicules déjà en circulation se heurteraient progressivement à la limite d’âge de dix ans. TfL prévoit aussi de cesser d’approuver de nouveaux systèmes de conversion au GPL ou au gaz naturel comprimé, tout comme les dispositifs de traitement des gaz d’échappement, ce qui réduit encore les options pour prolonger la vie des anciens modèles.

Concrètement, pour un chauffeur, cela signifie par exemple :

  • anticiper l’investissement dans une voiture électrique avant l’expiration de sa licence actuelle ;
  • surveiller la date à laquelle son véhicule atteindra les dix ans d’âge ;
  • intégrer dans ses calculs la difficulté à revenir dans le système après douze mois sans licence.

Vu de France, cette stratégie londonienne fait office de laboratoire. D’après des statistiques citées par Clubic, en 2024 les motorisations essence et diesel ne représentaient déjà plus que 2 % et 11 % du parc des VTC français, et seuls 18 % des taxis parisiens roulaient encore au thermique, contre 72 % de taxis diesel en province. Si un cadre similaire était adopté dans l’Hexagone, l’impact serait surtout fort sur les hybrides non rechargeables, avec à la clé des flottes urbaines encore plus électriques.

À partir de quand les VTC devront-ils être 100 % électriques à Londres ?

TfL propose d’imposer les véhicules entièrement électriques pour toutes les nouvelles licences de VTC à partir du 3 juillet 2028. La règle viserait les VTC « new to licensing » et non les voitures déjà licenciées.

Les taxis londoniens Black Cabs sont-ils concernés par cette obligation électrique ?

Les Black Cabs relèvent d’une autre réglementation et ne sont pas visés par ce projet de TfL. La mesure concerne uniquement les VTC et minicabs soumis au système de licences spécifique.

Que prévoit Londres pour les VTC accessibles aux personnes en fauteuil roulant ?

Les VTC accessibles aux personnes en fauteuil roulant bénéficieraient d’un délai supplémentaire. L’obligation de passer à l’électrique ne s’appliquerait à eux qu’à partir du 1er juillet 2030.

Quelles réductions d’émissions TfL espère-t-elle avec les VTC électriques ?

TfL estime que ces règles réduiraient les émissions de NOx de 9 % et de CO₂ de 35 % sur dix ans. Sur dix-huit ans, la baisse atteindrait 97 % pour ces deux polluants par rapport aux exigences actuelles.

En bref

  • À Londres, Transport for London consulte jusqu’au 2 décembre 2026 sur un projet visant les Private Hire Vehicles réservés via Uber, Bolt et les minicabs.
  • Le texte prévoit que tous les nouveaux VTC devront être 100 % électriques dès le 3 juillet 2028, avec un report au 1er juillet 2030 pour les véhicules accessibles en fauteuil roulant et un âge maximal de dix ans.
  • Au-delà de la baisse attendue des NOx et du CO₂, cette transition pourrait servir de modèle aux grandes villes françaises et rebattre les cartes pour les chauffeurs VTC.
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